‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 115 sur 922 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

village de Moret*. Là, sans doute, redoublèrent les larmes du père et de l'enfant qui se retrouvaient dans l'exil et la captivité plus amère au milieu de ces fêtes royales. Ces joies capétiennes étaient pétries de tant de deuils et de martyres I L'orpheliDC ne devait plus revoir sa mère. Elle fut remise à la reine Blanche, impérieuse et dure marâtre. On réleva pour être la femme d'un prince capétien, dans l'oubli de sa race abattue et l'horreur de sa patrie révoltée et hérétique.

L'infante Joana, que nous appellerons, à la française, la comtesse Jehanne, était du même âge qu'Alphonse, son futur époux. Ils avaient alors huit ans ; ils étaient cousins au quatrième degré, et descendus de Louis le Gros, leur commun ancêtre. Le légat, toujours docile aux désirs de la régente, s'empressa de lever l'empêchement canonique qui s'opposait à leur union , pour que le mariage se conclût en temps opportun 2. Ainsi le comte de Toulouse se vit arracher ses terres, son peuple, sa fille, sa postérité. Il ne devait pas avoir d'autre enfant, et c'était dans les calculs de Blanche de Gastille aussi bien que dans les décrets de Rome. Rome, on le verra, ne permit à sa race de se perpétuer qu'en se perdant avec le reste de son domaine dans la maison royale de France. Dès ce jour, Ramon VII sortit de la tour du Louvre. Le jeune Louis IX assaisonna de quelque courtoisie et de quelque largesse cette mise en liberté. Il le

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