LIVRE DEUXIÈME
mis de grandes indulgences, et de cette légion de professeurs auxquels il avait accordé et de larges indulgences et de solides bénéfices. Ils venaient enseigner aux Toulousains le droit théocratique, la dure théologie romaine, et l'aigre patois picard et beauceron que l'on parlait alors à Paris. En voici un échantillon d'une singularité non moins curieuse sous le rapport historique que philologique. Le roi Louis IX accueillit humblement l'admonestation du pape et son apologue de la Trinité royale, cléricale et chevaleresque de France. Mais il en nationalisa ingénieusement le dogme dans le symbole non moins concluant de la fleur de lys*. « Li roys Loys fit tant que li bourgois amendèrent aux clers ce qu'ils leur avoient méfait. Et pour ce spécialement le fit ly roys : car ce si précieux joyaus comme est de sapience, et l'estude des lettres et de philosophie qui vint premièrement de Grèce à Roume et de Roume en France, avec le tiltre de chevalerie, en sivant saint Denis quiprescha la foy en France (estant tolluis) la bannière le roi de France et les armes qui sont peintes de la fleur de lys, par trois fuelles, fussent merveilleusement enlaidies. Quar puisque nostre sires Jhésus-Crist veut espéciallement sur tous les autres royaumes enluminer le royaume de France de foy, de sagesse et de chevalerie, li roys de France accoustumèrent en tout armes à porter la fleur de lis peinte par trois fuellies, aussi comme si ils deissent à tout le monde. Foys, sapience et chevalerie sont par la provision et par