‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 138 sur 922 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

fondation de Villefranche de Rouergue, la France occupât plus solidement encore le cours montueux et sauvage de l'Aveyron.

Lambert de Croissy, dépossédé de Limons par la victoire méridionale, aventurier affamé de guerre, était allé chercher comme un intermède de batailles en Orient, et avait trouvé dans la Palestine la mort qu'il aurait dû recevoir dans l'Albigeois. Béatrix, sa veuve, bientôt remariée à Gui de Montfort qui périt à Varilles, avait, nous venons de le voir, obtenu, pour son fils du second lit, le poétique apanage de Lombers. Mais Lambert avait eu de cette femme romane deux fils, que sa mort et le second mariage de leur mère laissaient orphelins. Le roi de France se chargea de ces deux chefs croisés adolescents, et les établit non plus à Limons, fief vicomtal rattaché à la couronne, mais à Saissac, dépouille de Bertrand de Saissac, tuteur de l'infortuné vicomte empoisonné par Simon de Montfort. Les deux jeunes barons qui portaient, l'aîné le nom de son père et le second celui du chef de la croisade, succédèrent dans ce vaste fief à leur oncle Bourchard de Marly, mort en Auvergne à son retour de la conquête de l'Albigeois, de l'épidémie dont moururent le roi Louis VIII et beaucoup de chevaliers français. Lambert et Simon de Turey, comme ils s'appelaient, vinrent donc camper au château de Saissac construit, comme son nom l'indique, sur des rochers (saxa) entourés d'un ravin profond où mugit la Bernassonna * , un torrent de

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