Chronique romane
•* UJTRODUCTION
son fils, acceptait en compensation de son domaine une pension du meurtrier de son mari, et vécut de ce pam trempé dans le sang du martyr. Ce triple scandale de trahison, de spoliation et de meurtre fut sanctionné par le pontife romain. L'Infant cependant partageait la fortune des comtes, élevé d'abord au donjon de Foix, puis fugitif au château de Montségur, puis exilé aux bercails de Cerdagne et d'Andorre. Le blond Faidit revint de Catalogne avec l'armée libératrice dont il était l'héroïsme enfantm et la grâce innocente et chevaleresque. Des bercails de l'exil, l'orphelin remonta de hasard en hasard, de combat en combat, jusque dans les murailles de Garcassonne. Hélas I il ne connaissait pas les demeures de ses aïeux. Quand on le déroba à la croisade, il était encore si petit enfanielet, une si mnocente chose quil ne savait ni le bien ni le mal, et qu'il eut mieux aimé un arc, un berceau ou un oiselet qu'une terre de duc et de marquis *. Les infortunes de l'enfance, le spectacle de l'orphelin déshérité et miraculeusement reconduit au toit paternel, ce guerrier de quinze ans vainqueur du lion de Montfort qui n avait pu le dévorer dans son berceau, et nourri au désert par la colombe du Paraclet, forment un drame merveilleux de pitié, un mystère infini d'attendrissement, irrésistible au cœur d'un peuple encore primitif, et d'une époque encore patriarcale et chevaleresque. Aussi, quand l'héritier des Trencabel parut aux Trivalles, au pied des rampes de Garcassonne, il fut sans doute enlevé de son cheval,