‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 151 sur 922 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

» En outre, pour que vous n'apportiez pas vos hoyaux vers des champs stériles et incultes, les maîtres qui lisent à Toulouse ont arraché les chardons de la rusticité plébéienne et les épines de la sauvage stérilité (hylé), et ils ont éloigné tous les autres obstacles. Ici, en effet, les théologiens instruisent leurs disciples dans les chaires et le peuple sur les places publiques ; les logiciens initient aux arts libéraux les apprentis aristotéliciens, les grammairiens exercent à parler suivant les règles ceux qui ne savent encore que balbutier ; les chanteurs flattent les oreilles du peuple par l'instrument de leur gosier emmiellé; les décrétistes font voir Justinien, et les médecins enseignent Galien. Ceux qui veulent étudier jusque dans la moelle le sein de la nature peuvent entendre lire ici les Livres sur la Nature, interdits à Paris.

» Que vous manquera-t-il donc? La liberté scholas tique? Nullement; parce que, n'étant retenus par les rênes de persçnne, vous jouirez de votre propre liberté. Craindriez- vous la méchanceté d'un peuple en fureur ou la tyrannie d'un prince injuste? Ne craignez rien, parce que la libéralité du comte de Toulouse nous a donné des garanties suflâsantes pour notre salaire et pour la sécurité de tous les nôtres, soit qu'ils viennent à Toulouse, soit qu'ils s'en retournent. S'ils souffrent quelque dommage de la part des voleurs, sur les domaines du comte, il mettra les forces du Gapitole de Toulouse à la poursuite des malfaiteurs, et on exigera la môme satisfaction que pour les citoyens.

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