LIVRE TROISIÈME
ce château aux Templiers ou aux Hospitaliers. Mais Olivier et Bernard de Penne refusèrent de livrer leur puissant manoir féodal. Ils bravèrent, dans leurs tours, l'Église romaine et le roi de France. Ces deux vaillants chevaliers étaient fils d'une héroïne des cours d'amour et d'une sainte du Paraclet. La poétique et romanesque légende répand sur cette sombre histoire un rayon de grâce mélancolique. Mais remontons jusqu'aux origines de Penne et de sa race chevaleresque.
Son nom est ibère : il fut un castellum romain avant d'être un manoir féodal. Sa Roche galloromaine domine fièrement un cirque de montagnes couleur de fer formé par une courbe de l'Aveyron. Ses barons, vassaux favoris de la maison vicomtale de l'Albigeois, prenaient eux-mêmes le titre de vicomtes, étaient châtelains héréditaires du Castel- Vieil d'Albi *. De là, leur fidélité aux comtes de Garcassonne, leur hostilité à l'évéque, et leur adhésion au catharisme. Lors delà première croisade, Geoffrès de Penne, fut l'un des compagnons de Ramon de Saint-Gélis, dans la Palestine, et sa valeur fut célébrée par les poètes. Mais un siècle après, sa r.ace guerrière et son donjon féodal n'ont de chef connu qu'une jeune femme, veuve, a ce qu'il semble, avec deux petits enfants, et que la poésie contemporaine a posée sur un trône de grâce, de tendresse, et de sentimentalité mystique. Écoutons d'abord la naïve légende :
« Ramon Jordan, vicomte de Saint-Antonin, de