‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 172 sur 922 · Du Mège, additions · texte numérisé non relu

Du Mège, additions

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révêché de Cahors, aimait une gentille dame, la Vicomtesse de Penne d'Albigeois *. Elle était gente, belle, pleine de mérite, fort estimée, et très honorée. Il était instruit, courtois, généreux, valeureux cheyalier, avenant et excellent troubadour. Leur amour fut sans mesure. Il arriva qu'un jour le vicomte revêtit son armure, combattit dans une grande bataille, et fut blessé quasi mortellement. Le bruit de sa mort, répandu par ses ennemis, arriva même jusqu'à Penne. La vicomtesse en eut tant de douleur que renonçant au monde elle entra dans l'ordre des Hérétiques, Le chevalier, guéri de sa blessure, revint bientôt après à Saint-An tonin. Il apprit comme, pour l'amour de lui, sa dame était morte au monde. Pendant un an, il en perdit joie et allégresse. 11 ne connut plus que pleurs, angoisses, gémissements. Il renonça aux chants, aux armes, aux palefrois. Tout le pays fut attristé de son désespoir. Mais sa douleur inconsolable ne put ramener son amante de son désert. La vicomtesse ne revint pas à l'amour mortel, ayant goûté la suavité de l'amour céleste *.

Telle est la première partie de cette idylle chevaleresque qui flotte comme une touffe de chèvrefeuille et de romarin sur les sombres falaises de l'Aveyron. Rendons-lui son cadre historique. Aladaïs de Penne est comme un reflet adouci mais plus idéal de sa parente et de sa marraine, la grande

i. Miguel de la Tour, biographie des Troubadours. 2. Troubadours : Ramon Jordan, vicomle de Saint-Antonin.

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