Les proscrits
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rants. Les princes relèvent la tête, ils s'unissent aux cités et se liguent secrètement avec les rois d'Aragon et d'Angleterre et l'empereur d'Allemagne. Le catharisme\ expulsé de Toulouse, remonte sur le Thabor, son sanctuaire et son capitole pyrénéen. Mais Rome, pour l'étouffer, enlevant l'inquisition aux évêques, en investit les Dominicains. La terreur etl'horreur couvrent le Midi. Les inquisiteurs sont massacrés à Toulouse, à Vérone, à Saragosse. Les princes s'arment ; ils sont vaincus à Carcassonne, à Taillebourg; et le Midi retombe pour toujours sous le joug de la France. Montségur, capitale de l'insurrection, est pris dans les nuées. Deux cents victimes périssent sur le bûcher colossal du Thabor. Le reste de ses défenseurs va mourir dans les basses-fosses de Toulouse et de Carcassonne. Les morts sont expulsés de leurs tombeaux, les vivants scellés dans des sépulcres. Pour construire ces ou- Miettes, les pierres manquent dans les Pyrénées. Les peuples émigrent en Espagne, en Italie, en Orient. Avec le roi d'Aragon, ils conquièrent Valence et les îles Baléares ; avec l'Empereur, ils expulsent les papes de Rome, avec saint Louis, ils vont se perdre dans les déserts d'Afrique et d'Asie. Le catharisme oriental setransforme dans le spiritualisme mitigé de Narbonne. Son apôtre est Joan d'Oliva, son tribun Bernard Délicios, son chef politique, Elio Patris, le grand consul de Carcassonne. Philippe le Bel, bien que sympathique aux Albigeois, étouffe