‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 212 sur 922 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

peuple était convoqué par la voix des hérauts et le son des cloches. «Noble comte de Toulouse, lui dirent Pierre des Arzeliers et Hugo de Vérignon, sindycs de la république, nous nous donnons à vous entre- vifs, simplement et solennellement; vous avez bien mérité de notre ville, par les nombreux services que vous lui avez rendus, les preuves gracieuses d'affection que vous lui avez données et les périls que vous avez fréquemment et libéralement encourus à cause d'elle : c'est pourquoi nous vous remettons la seigneurie de la Ville-Basse, vulgairement appelée vicomte de Marseille. — Nous Ramon, par la grâce fie Dieu, comte de Toulouse, nous acceptons, pour tout le temps de notre vie; nous promettons de défendre les habitants, les terres et les libertés de Marseille : nous le jurons sur les évangiles deDieu*.» De la part des Marseillais, c'était un acte de patriotisme et d'indépendance, et en même temps une triple protestation. Et d'abord contre Ramon-Berenger, comte de Provence, leur suzerain, et l'égoïste neveu du vaillant et magnanime roi Pierre d'Aragon tué à Muret. Puis contre le jeune roi d'Aragon, don Jaicme qui s'occupait de conquêtes musulmanes, et abandonnait les provinces romanes à l'ambition française. Enfin contre la maison capétienne et Blanche de Gastille qui cherchait à dévorer la Provence en même temps qu'elle engloutissait Toulouse. De la part de Ramon VII, ce fut un acte de courage évidemment inspiré par ses intrépides consuls et conseillers, les Pierre de Tou-

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