‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 218 sur 922 · Hist. du Lang., pr. 169, p · texte numérisé non relu

Hist. du Lang., pr. 169, p

LIVKK QUATHIÈME 353

Le comte de Foix, sentant le roi de France au cœur de ses États, multipliait ses alliances et cherchait ses appuis sur les hautes cimes, ces forteresses cantabres. Il avait encore une sœur consanguine, probablement de la même mère que Loup de Foix, et sans doute du même âge et du même nom que sa fille Esclarmonde, car ces deux jeunes infantes étaient les filleules de leur illustre tante, l'archidiacoanesse des Albigeois. Le comte résolut de l'accorder à Bernard, chef de la maison d'Alion. Cette maison possédait dans la Gerdagne les seigneuries de So, Quérigut, Stavar, Ebol° et, dans le comté de Foix : Prades, Mont-Alion et Alion, son berceau. Par là, cette famille pyrénéenne régnait sur ce plateau neigeux et glacé qu'on appelait le /?a^.sde Sault ou des forêts (de Saltu). Don Pedro II, roi d'Aragon, le héros infortuné de Muret, ne pouvant contraindre à l'hommage Bernard 1" d'Alion, qui s'intitulait prince souverain du Donazan, confisqua toutes les terres que ce seigneur possédait dans la Gerdagne espagnole, et les donna à Ramon-Roger, le grand comte de Foix. Le magnanime Roger* Bernard résolut de se réconcilier cette maison puissante des Montagnes, en lui restituantdes domaines injustement retenus et en accordant sa sœur en mariage à Bernard II d'Alion. Mais la jeune infante reculade quatre ans encore cette union, sans doute par un mélange délicat de sentimentalité chevaleresque et de religiosité cathare , qui mettait sa gloire dans sa virginité : c'était une préciosité mystique de ce siècle*. Ainsi le comte de Foix

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