LIVRE CrNQUIÊME
Saintes-Puelles. Plus tard, Guilhelmetta de Camplong s'établit à Saint-Martin de la Lande, chez Bernard de Balgor (ou de Balgoria), et Alboarenca se rendit à Avignônet, chez Guilhem de Ba-
tinha.
Bérengère de Gavarret de Montgiscard, avec Aicelina de Autariba, sa compagne, officiait à Montgiscard, Avignônet et Falgairac. Arrêtée au bois de Séguervilla, elle était perdue, si le chevalier Arnaud Gatala d'Auriac ne l'eût enlevée aux archers. Mais retombée entre leurs mains à Avignônet, elle fut brûlée à Toulouse (1233). Elle était mère du troubadour Pierre de Gavarret que le comte de Foix fit son bayle de Tarascon. Le chevalier Sicard de Gavarret, son autre fils, avait assisté aux agapes de Bernard Enjalbert, à Séguervilla, chez Begon de Rocavilla, et chez Estold de Rocavilla, à Montgiscard. En 1264, il fut incarcéré par les inquisiteurs. Na Vergeira , aïeule d' Arnauld de Villeneuve, fut conduite par ses fils, avec Ermengarda (de Baranho probablement), sa compagne , dans Toulouse où elle descendit chez dona Garcia, sœur d'un diacre, théologien célèbre, qui logeait près de la maison de Talhafer. Cette illustre diaconesse y reçut la visite* de Ramon Roger, le grand comte de Foix, et d'autres barons pyrénéens (1210), Ramona de Baranho (Varagne) avec sa compagne Saura, officiait à Baranho, à Avignônet et même à Toulouse, au logis d' Arnauld Tita. Sa cabane était cachée dans un défilé sauvage nommé lo Pas.Braïda de Mazaïrolas, tante du fameux Pierre, seigneur de Gajan-la-Sel va,
Sg LES ALBIGEOIS ET L'LNQUISITION
prêchait à Villariscla et à Toulouse, chez Estold de Rocavilla. Guitana d'Azémar fonctionnait avec Alboarenca et Ramona de Lux, à Avignonet, chez Guilhem de Batinha (1213). Ramona était sœur de Pierre, d'Olivier et d' Adhémar de Lux, tous croyants cathares. Guilhelma Rasendiris, ou de Razez, fit à Caraman la conversion de Stephana, assistée de Guilhelma de Falhent et de ses compagnes. Les diacres Gérald Artus, Guilhem Durand et Guilhem Bonet, la visitèrent dans sa retraite de la foret de las Anglésas. Guilhelma de Falhent vivait dans une cabane de ramée, près de la fontaine de Falgai'rac. Peyronetta Roger, sœur du diacre Bernard et des diaconesses Dias et Guilhelma, ses acolytes, résidait à las Bordas. Ramon de Bassens, Estébé Picher, de Fanjaus, Ramon Tesseire, frère du diacre Textor, les escortèrent jusqu'à Saint-Martin de la Landa où Guilhem Faure les reçut sur son aire. Na Pagana de la Tour, sœur de l'infortuné Pagan de la Bessède, Geralda, sa fille, dame de Caraman, et ses deux brus, Guilhelma, femme de Pons, Aladaïs, épouse de Roger, étaient parfaites ou diaconesses et résidaient à Gambon, à Laurac, àCastelnaudari, à Pech-Lunar. Roger de la Tour, son mari, seigneur de Pech-Lunar, mourut consolé chez le diacre Bernard de Sant-Marti. Il est la tige de l'antique maison romane de La Tour- Lauragais, dont les descendants ont pris de nos jours le nom de La Tour d'Auvergne et le titre de princes deTurenne.
Plusieurs sont frère et sœur : ainsi Bonet et Boneta, Trobat et Trobada, Tolosan et Tolosana, Al-