‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 285 sur 922 · LIVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME

boarenc et Alboarenca * , Guilhem et Bernarda de Fanjaus. Bernarda avait été remise tout enfant aux diacres de Montréal (1210). Quelques diaconesses portaient une couronne ou diadème, symbole de la plus haute perfection gnostique : de ce nombre Arnalda de la Nauze et Andria de Gibel. Il faut nommer à leur suite une autre espèce de diaconesses, ce sont les compagnes des croyants. Les catholiques les appellent des concubines, terme impropre autant qu'injurieux, car elles étaient comme des épouses mystiques, toutes semblables aux agapètes des anciens évoques, transformations elles-mêmes des hétaïres des philosophes grecs, car ces mœurs antiques dérivaient de la Grèce et de l'Orient 2. Ces femmes n'étaient pourtant pas des parfaites, bien que très-pieuses et renommées par leur zèle, leur courage et leur prosélytisme. Ainsi Guilhelma Companh, agapète d'Arnaud Maiestre, conduisit deux diaconesses auprès d'Ermengarda, sa mère moribonde, qu'elle pressait instamment de recevoir d'elles le consolament, extrême onction du Paraclet. Les ministres proscrits qui se risquaient de nuit dans les bourgs, descendaient d'ordinaire chez ces fidèles et courageuses sœurs; et l'une d'elles, Na Baïona, amante mystique du chevalier Bernard de Quiders , recueillit tour à tour sous son toit, au Mas Saintes- Puelles, le diacre Bonfilh et l'archidiacre Bertran d'En Marti, sortis de leurs forêts.

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