LIVRE CINQUIÈME
vres étaient les prés, les rochers et les bois, La science de ces maîtres consistait uniquement sans doute dans la connaissance des herbes, de leurs sucs énergiques, de leurs fleurs d'un parfum et d'un éclat si' merveilleux dans les Pyrénées. Mais alors, peut-on les accuser* de croire que la floraison et la fructification 'des plantes étaient l'œuvre de Satan, à moins que Satan ne fût un agent même de Dieu. Car la médecine suppose dans les végétaux une vertu curative, un principe de vie, et comme une émanation même du Créateur ^ Le cathare, comme le brame indien et le disciple de Pythagore, était instinctivement hospitalier, compatissant, miséricordieux : sa charité s'exerçait jusque sur les oiseaux des bois, et les chevrettes des montagnes. Mais son art avait abondamment de quoi s'exercer sur les victimes infortunées de la croisade. Ajoutons que les Albigeois avaient non-seulement la réputation de connaître les vertus secrètes des simples, des sources et des minéraux, mais encore de commander aux éléments et de dominer la nature, comme ministres de Dieu. Ils n'encourageaient pas la superstition populaire qui les revêtait d'une auréole miraculeuse. Un jour, Guilhem Guari, diacre de Lautrec, fut pris parles traqueurs du chevalier Matfred. Ce chevalier paralytique, dès qu'il entra dans son château, vit dans son cap-
1. Leurs ennemis les accusaient d'enseigner quod Deus non faciebat granare nec florere. Mais les chevaliers revenus d'Espagne, affirment le contraire, dans leur profession de foi : «05 crezem lo Diou que fè granar et florir, G. de Tudelle, v. 3706.
gj • LES ALBIGEOIS ET L'INQDISITIOS
tif calme et serein dans les fers, comme un être sinlrel. Quelle espèce d'homme es-tu? s'écna le ^euxguerrier étonné. -Je suis un homme comme irrépondit le cathare, mais un homme qui peut : gSsi tu veux me rendre la liberté^UAmi de Dieu dégagé de sa chaîne, prépara un bain saluée Matfred guéri tomba aux pieds de son sauv'ur en disanti BénU-moi. et fais de moi un bonchre. tThe baptême de l'eau fut suivi du baptême de VEsprit'. Pierre et Arnaud Faure du Lauraguais étSnt aussi des médecins renommés. Arnaud Bos. Sd^autpoul.étaitlemédecinhabUue^d^^^^^^^^^^ de Nora. Bernard d'Aïros ^ diacre de Saissac se narlaeeait entre la Montagne-Noire et le Thabor . il. ^gS Yslrn de Fanjaus malade à Cuella. Guilhom Garnier du Mas-Saintes-Puelles. l'ami des Saint Îndrïo Cap-de-Porc, cathare revêtu, fut, au moms pend nt le siége.le principal Mî/-.en de Montsegur '^ La médecine semble avoir été constamment un au diaconat, comme un art sacré; mais \a;hirur de qui versait le sang, paraît n'avoir été quun St'laLe et en quelque sorte profane. Nous confisons e grand chirurgien albigeois. Arnaud Roauîr 1 tait de Belpech. sur l'Ers, et conséquemrS'vassal desMaurand.ces i^-tres ,oh-^^^^^^^^ magnanimes citoyens et consuls de Toulouse se^ leurs de ce monticule du Lauraguais insignifian fuiourd'hui. mais véritablement beau au moyen Tge par leur noble manoir dont les dernières pier-
1 Arch. de Vlnq. de Carcas. Doat, xxiv, f. 110. 2'. H y avait aussi le diacre G. Dairos.