‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 296 sur 922 · LIVRE CINQUIÈME S · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME S

ras achèvent de tomber aux souffles des siècles et des Pyrénées. Le chirurgien patriote marcha contre les croisés sous les bannières nationales de Foix et de Toulouse. Après la bataille infortunée de Muret, il en suivit les débris sanglants réfugiés dans l'Andorre et la Catalogne (1213). Revenu d'Espagne, avec les princes, il les accompagna dans les tragiques et suprêmes luttes du Midi (1218). Proscrit une seconde fois par le traité de Paris (1229) il remonta avec les faidits et les spoliés sur les cimes du Thabor. Arnauld Roquier fut donc le grand et magnanime chirurgien des guerres romanes, et des deux champs d'asile pyrénéens , Gastelbon et Montsegur. Son patriotisme et sa science lui méritent une place glorieuse dans le Martyrologe aquitain. Le catharisme, qui donnait le sacerdoce aux femmes, leur confiait également la médecine et la chirurgie. Na Rica, mère du diacre Ramon d'Azalbert, sainte célèbre du Mas, n'était pas moins renommée comme ehirurgienne '. Les chevaliers saignaient et même rasaient dans leurs grottes les Amis de Dieu. Le même praticien qui tenait la lancette prenait aussi le rasoir, et après avoir ouvert la veine coupait à son tour la barbe, comme on le voit de nos jours .encore en Espagne. Car, au rebours du moine qui était barbu et chauve, le cathare était imberbe et chevelu. Ascète délicat, non content de s'émacier par le jeûne, il se diminuait (minuebat) encore par la saignée, et retranchait même, avec sa vigueur, cette végétation de la chair,

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