‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 314 sur 922 · Petrarca : Triomfo d amore · texte numérisé non relu

Petrarca : Triomfo d amore

84 LES ALBIGEOIS ET L'INQUISITIOxN

il n'est point Espagnol, car il ne donnerait pas me pomme pourrie de tous les monarques de l'Espagne. Le mystère dont il se voile aussi bien que les contradictions de son poëme indiquent les défaillances de son esprit. Peut-être montrent-ils aussi les mdécisions du patriotisme méridional, et les fluctuations de la politique des comtes de Foix. Ce poète semble n'avoir pas eu le cœur au niveau de son génie, ni à la hauteur de l'épopée romane. Il reste indécis jusqu'au désastre de Muret qui étouffe sa voix. Mais l'inspiration lui vient dans l'exil de Catalogne. Il se tait sur cet exil, évidemment il n est pas Espagnol, mais dans ce silence, il prend l'àme nationale et le génie épique. Comme il dramatise bien cette scène incomparable, sur le plus grand théâtre du monde, le comte Ramon-Roger de Foix, et ses compagnons. Arnauld de VillamuretRamon de Rocafeuil, plaidant au concile de Latran, ou a la cour pontificale du Vatican, la cause de la patrie méridionale , de l'enfant exilé de Toulouse et de l'orphelin déshérité de Carcassonne, déshérité amnt même qu'il connût un petit oiseau! De quel cœur il peint les comtes de Toulouse, sortis désolés de Rome, et débarquant à Marseille, où les accueillent les faidits de Provence qui, de la plage, les conduisent, devisant de guerre et d'amour, vers la noble république d'Avignon ; et les adieux du comte et de l'infant, quand le vieillard se rend à Barcelone, où l'attendent les exilés de Toulouse qui, de la grève, l'entraînent au camp de Castelbon, pour de là traverser les Pyrénées I De quel accent^ ému il raconte les Provençaux, descendant le Rhône avec

Page 1