Théod. de Appoldia, Hospinien
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LIVHË SIXIEME
parmi lés moissons, mais que des bois protégeaient encore à cette époque, contre le souffle impétueux du Gers, l'orageux vent du sud-ouest, auquel l'empereur Auguste dressa un autel. Le Lauraguais était plus cathare même que l'Albigeois, et lorsque les missionnaires entrèrent la première fois dans Laurac, leur chef, comme pour exorciser le bourg hérétique, ayant fait le signe de la croix, Sicard de Laurac, le seigneur du lieu, répondit: « puissé-je n'être pas sauvé par ce signe *. » Dominique et son compagnon restèrent quelque temps sans asile ; mais bientôt ils eurent le bonheur de convertir Sans Gasc et sa femme Godolina (1207). Ces néophytes donnèrent au chanoine d'Osma, leurs personnes, leurs terres, et leur maison du Villar 2. Dominique, errant jusque-là de lieu en lieu eut dès lors un domicile fixe où il ébaucha un monastère de frères et de sœurs, Qi^ comme campé au Villar, tint en échec Laurac, séjour d'un puissant seigneur hérétique, et Fanjaus siège du Fils majeur johannite. Le légat en le revêtant de sa mission, l'avait armé d'une certaine judicature ecclésiastique. Inquisiteur de sa nature, Dominique avant l'établissement régulier de l'inquisition, en exerçait irrégulièrement l'office. Il jugeait, il condamnait, il imposait des péni-
1. Guilh. de Puilaur. Les Vaudois avaient la même horreur que les Cathares pour la croix. Cette répulsion est passée aux Calvinistes du midi. La croix est le symbole catholique. Le symbole protestant, c'est le Saint-Esprit. Les femmes de la Réforme portent à leur cou une colombe d'or.