Reg., cur.. Franc. HisL du Lang., t. V, p
comte arborèrent sur le donjon d'Agde la brebis et la croix à la place du lion, et rétablirent sa domination en criant : Toulouse t Toulouse ! et tout le peuple répéta le cri national. L'Italien Thédise, ingénieur de la croisade, devenu évêque d'Agde, essaya le premier de traiter avec le prince. 11 reconnut Ramon VII comme comte de Toulouse, et Ramon- Roger de Carcassonne comme vicomte d'Agde. A ce prix, il rentra dans sa ville, remonta sur son siège, et reprit ses manoirs épiscopaux. Les autres évêques obtinrent aux mêmes conditions leurs palais et leurs villas, et partout flottait, au souffle d'avril, la bannière joyeuse de Toulouse *.
Thédise était l'ami, et, probablement en ceci, l'agent et le précurseur d'Arnauld-Amalric. Le roi de France, annonçant aux consuls de Narbonne qu'il allait prochainement exécuter pour son compte la conquête du Midi, épouvanta le vieux primat de Septimanie. Le farouche égorgeur de Béziers redoutait la domination directe du Capétien. Amaury perdu, il se retourne agilement vers Ramon VIL Ramon sera comme un Amaurv national. L'archevêque se pose en médiateur de la pacification romane. Il sauvera son siège en rendant au comte son titre féodal de duc de Gothie. Le primat exilé s'ouvre aux évêques fugitifs de leurs villes et aux abbés expulsés de leurs cloîtres. 11 propose la réconciliation delà défaite sacerdotale avec la victoire populaire, la fusion de la cause de la croisade avec le principe de l'indépendance méridionale. Il montre l'autorité