Gestes glorieux des Français (1233 et 3i
bation du monarque et à la sanction du pontife. Blanche de Gastille mande auprès d'elle les comtes de Toulouse et de Provence. Elle leur ordonne de cesser leur guerre. Elle avait besoin de la paix pour déchaîner les fureurs de l'Inquisition. Puis elle conclut le mariage du jeune roi Louis avec Marguerite infante de Provence. Marguerite était fille de Ramon Bérenger, cousin-germain du roi d'Aragon, et de Béatrix de Savoie, célèbre par sa beauté et dont le valeureux Gui de Cavaillon était le che-' valier et le troubadour. L'infante qui paraît avoir hérité des grâces de sa mère, se rendit en France, en vraie princesse romane accompagnée de six ménestrels. Marguerite de Provence trouva à la cour Joana de Toulouse. Par ses deux brus Blanche rattachait à la monarchie Toulouse et Marseille, presque tout le midi des Alpes à l'Océan Les noces royales se célébrèrent à Sens. On sait le prix des festins et des tournois; on connaît les gages des ménestrels^; les poètes de cour ne manquèrent pas de chanter dans leurs épithalames la félicité de la Provence, l'âge d'or de l'Aquitaine, unie au trône Lilial, idylles mensongères, sacrilèges élégies répétées par les historiographes de la monarchie. Le mariage de Saint-Louis et la fête de saint Dominique sont les deux dates de l'Inquisition, et pendant que Je roi des lis de France épousait la fleur de Provence et d'Aragon, les bûchers albigeois, ces feux de joie de la conquête, flambaient et flamboyaient sur
1. Comptes du mariage de Marguerite de Provence. Du ^ange, Obs. sur l'hUt. de Saint-Louis. Pour six troubadours ^enus avec la reine : 40 1., 4,493 f. 35 c.
tout l'horizon pyrénéen*. Le cor du héraut du comte sonnait sinistrement dans Toulouse :
.cNous ordonnons, disait le prince, que les meurtriers des délateurs et pourchasseurs des hérétiques soient activement recherchés Les 1^-^^*^^^^^^^^^ lieux payeront, pour chaque hérétique, à 1 homme qui rarrêtera sur leur territoire, un marc dargent. 6n détruira les maisons où sera trouvé un l^érétique vivant ou mort, et celles où ils auront prêché du consentement du maître, et ses biens seront confisnues. Les biens dé tous les hérétiques, présents ou futurs, seront confisqués au préjudice de leurs héritiers et leurs maisons seront rasées. Ceux qui s^opposeront aux Inquisiteurs ou qui ne les seconderont pas, verront aussi leurs biens confisqués, et subiront un châtiment corporel. Les hérétiques revêtus, seront également privés de leurs biens, lors Tême qu'ils auraient renoncé à Thérésie à moins qu'ils ne produisent des titres de leur réconciliation. Encourront la même peine, les anciens hérétiques qui, après leur abjuration, cacheront les deux croix cousues par ordre de Tévêque, sur leur poitrme.- Enfin le déplorable prince prend sous sa protection les ordres monastiques, et notamment 1 ordre de Gîteaux, l'exterminateur de sa race et de son peuple. Il commande qu'on fasse une chasse a mort aux Faidits qu'il flétrit du nom de routiers et qu il assimile aux brigands. Hélas, ces brigands, ces vagabonds, ce sont les derniers serviteurs de sa maison, les derniers défenseurs de la patrie romane, qui, pour leur héroïque fidélité, expulsés de leur.