Baluze, conc. Narb
généreux accents ; mais enfin, ils consentirent, et scellèrent leur engagement dont le titre fut immédiatement envoyé par le vieux primat à Rome. Honorius n'accepta ni ne refusa ces préliminaires, et, sans s'expliquer davantage , répondit qu'il attendrait les résultats d'une seconde conférence annoncée pour l'octave de l'Assomption, et l'ambassade qu'on devait envoyer pour la signature de la paix au Vatican. Cette seconde conférence eut lieu le 25 août encore à Montpellier. Les trois comtes renouvelèrent leurs serments. « Gomme servir l'église c'est régner, leur fait dire superbement le scribe sacerdotal, nous exécuterons les ordres du saint père, sauf la domination de nos seigneurs, le roi de France et l'Empereur d'Allemagne. » La réconciliation semblait donc conclue et l'ambassade romane, conduite par l'archevêque d'Arles, partit pour en sceller solennellement les actes dans la métropole du monde catholique *.
Ces négociations remplirent toute cette année entre les deux mariages de Bernard de Gommenges et de Bertran de Toulouse. Les princes passaient des fêtes aux conciles, des consuls aux évêques, des manoirs des barons aux grottes des solitaires. Ils tâchaient de réconcilier toutes les forces vives de la nationalité romane. Mais il est des principes, ainsi que des animaux, qui hurlent d'être attelés au même char. Et comment faire paître ensemble la brebis de Toulouse, la louve de Rome, le lion de France ?