Manuscrits de l'inquisition de Toulouse
n'avait rien de son caractère moral, religieux, chevaleresque. C'était un guerrier rusé, violent, audacieux, capable de toute action héroïque, mais, non pas, au dernier instant, de ce suprême triomphe, Toption magnanime du trépas. Dépouillé de Mirepois par le maréchal, il s'était vu enlever encore le château de Montgaillard occupé par le roi de France, à la bifurcation des vallées de Tarascon et de Saint-Paoul de Jarrats. Mais il lui restait encore d'autres terres et d'autres manoirs dans le comté de Foix. Ramon de Pérelle donna pour dot à ses filles, Alfaïs et Philippa, une portion indivise de MoDtségur. Elles étaient nées sur la montagne sainte, aux jours les plus sanglants de la croisade ; et leurs enfants, proscrits comme elles avant de naître, allaient éclore dans ce dernier asile de la patrie romane, aiglons et ramereaux cathares dont un rocher aérien dérobait le nid jusque dans le ciel*. Enfin Pierre-Roger de Mirepois donna sa sœur, N. de Belissen, à Ramon d'Aniort, seigneur de la Bastide de Belbèse en Lauragais, et co-seigneur de Saverdun, allié conséquemment des Durfort et des Villemur. Depuis le meurtre du sénéchal André de Ghauvet, le roi de France n'avait cessé de persécuter les cinq fils de Gérald d'Aniort. Il convoitait leurs châteaux des sources de l'Aude pour avoir pied au sommet des Pyrénées. Mais pour confisquer ces manoirs, il fallait que leurs maîtres fussent condamnés comme hérétiques. Le frère Arnauld s'en chargea : il cite à son tribunal de Garcassonne Es-