Nap. Peyrat : VArise, et Le siège du Mas-d^Azil
monta» vers le manoir de So, séjour de son beaufrère Arnauld, et berceau de la race d'Alion. Elle y arriva par les villages d'Artigues et de Médiane, son domaine particulier. Bernard II avait assigné sa dot sur ces deux hameaux dont il lui cédait le territoire, champs et vignes, hommes et femmes, présents et futurs. Le servage, adouci et même inconnu dans les francs-alleux de la plaine, existait donc, dans cette dure région de montagne où la conquête romaine avait asservi les tribus des Sardes, qui peuplent la Cerdagne et la Sardaigne. Le manoir de So était un castellum romain. Ses ruines décorent encore l'escarpement d'un rocher qui domine le vallon de la Sona, dont le nom ibère signifie fleuve, mais qu'on traduit, à cause des tumultes de son flot, dans le sens latin de Sonora. La vicomtesse continua j usqu'à Puivalador , j usqu'à Formiguières , j usqu'aux pelouses du Capsir qui touchent aux glacières du Peyric : ce sont les ports de Cerdagne. De cette cime des Pyrénées, après avoir traqué l'isard et l'ours dans ces forêts, elle redescendit dans sa demeure seigneuriale et patriarcale de Montalion. Montalion devint une succursale de Montségur, comme la jeune Esclarmonde de So était l'acolyte de la vieille et grande Esclarmonde du Thabor. Son manoir fut le refuge de l'évêque albigeois du Rasez. Les diacres Cernian et Navarre, la diaconesse Geraldade la Tour, et son mari l'évêque guerrier, Géraldde Caraman, habitaient les châteaux de Dorna, de Roquefeuil, et d'Aniort*. Le Seigneur et la