‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 396 sur 922 · Regist. de l'inq. de Carcas. Maison d'Aniort · texte numérisé non relu

Regist. de l'inq. de Carcas. Maison d'Aniort

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2Ul LES ALBIGEOIS ET L'LNQUISITION

dame de Cararaan étaient cousins des fils d'Impéria, Esclarmonde d'Alion servait d'intermédiaire entre Esclarmonde de Montségur sa tante, et sa nièce Esclarmonde deCardonne. Ces trois Esclarmondes formaient une chaîne qui reliait le comte de Foix au roi d'Aragon et au vicomte de Garcassonne- Bernard d'Alion et Arnauld de So, son frère, étaient les concierges des portes de la Gerdagne. C'est par là qu'étaient sortis les exilés avec Trencabel. C'est par là que pouvaient rentrer le prince avec l'émigration romane. Cette émigration errait et grondait sourdement comme un orage derrière les Pyrénées. Il dépendait de Bernard d'Alion d'en précipiter la tempête sur Carcassonne et le roi de France*.

Blanche de Gastille comprit le danger. Elle résolut de se saisir des ports de Cerdagne. Les seigneurs d'Aniort relevaient de Carcassonne. Elle ordonna qu'on les convainquît d'hérésie et que l'on confisquât leurs châteaux. Lé frère Arnauld, inquisiteur, cita à son tribunal les fils d'Impéria. Gui- Ihem, l'un des quatre frères, eut la naïveté de comparaître à Carcassonne. 11 fut jeté dans un fond de tour. Les autres se cachèrent et abandonnèrent leurs manoifs. Esclarmonde d'Alion recueillit sa parente la vieille Esclarmonde d'Aniort, sœur des martyrs de Lavaur. Ses fils se réfugièrent soit à Montségur, soit en Catalogne auprès de leur seigneur, le vicomte de Carcassonne. Les Français prirent possession de leurs châteaux deDorna, Roque-

feuil, Gastelport. Ils bâtirent, sur le point où le ruisseau de Campagna se jette dans l'Aude une Église qu'ils dédièrent, par un jeu de mots trèsaffectionne du moyen âge , à saint Vincent le vainqueur et le chargeur de chaînes \ Sur ce monument de leur conquête ils sculptèrent la croix romaine et la fleur de lis capétienne. Le aibet juif et pontifical reverdissant comme la ver^e d Aaron, poussait de son vieux bois sanglant la grâce immaculée du lis de France. Cependant des montagnards du Capsir, peut-être à la suite des fils d Impéria, rôdaient par bandes sur les confins de la Cerdagne. Pour refouler ces proscrits, qu'on appelait des brigands, les Français élevèrent encore dans le terminaire d'Escouloubre , une mirande' ou tour d'observation, qu'ils appelèrent le Fort^ Royal. Ce fort dominait ce massif de montacrnes où quatre cent cinquante ans plus tard, Vauban construisit la citadelle de Mont-Louis qu'honore le tombeau du général républicain Dagobert ^

Mais plusieurs de ces fugitifs ne firent que traverse rMontségur, Montalion, Quérigut, Puivalador, Puicerda, et allèrent grossir les anciennes émic^rations dans la Catalogne et l' Aragon.

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