ET CONQUÊTE DE VALENCE
Ce fut un beau jour que celui où le jeune Conquistador rentra sur sa flotte libératrice dans le port de Barcelone et descendit sur le môle avec ses
i. Mad. Sand, Voy, aux Daléarec,
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chevaliers victorieux, ses chrétiens délivrés, ses Maures esclaves, et tout le butin des Baléares. Nolasco, l'instigateur et comme le prophète de l'expédition, devint de plus en plus cher au roi. Il fut incorporé à la noblesse catalane ; il reçut sans doute sa part de la conquête des îles : il eût pu certainement, selon le vœu de sa mère, s'allier par le mariage à quelque grande maison d'Espagne. Mais, touché d'un plus haut idéal, Nolasco avait renoncé au culte de la beauté mortelle, et s'il obtint des grandeurs et des richesses, ce fut pour les consacrer à Dieu. L'exilé résolut de continuer l'œuvre du monarque et d'être à sa manière conquérant aussi et libérateur non point d'îles mais d'âmes plus précieuses que des archipels *. Don Jaïcmé et Nolasco, instruits par les catastrophes des princes romans, se rapprochèrent de Rome au lieu de s'épuiser en luttes tragiques et stériles contre la théocratie romaine ; ils résolurent d'accepter son patronage et de tourner leur activité féconde contre les musulmans : la politique, l'ambition, entraînait le roi ; le saint cédait à son besoin de charité, d'immolation. Nolasco comprit que l'albigisme, trop idéal, devait périr ; mais que si sa forme était condamnée, son esprit était immortel ; qu'il allait revivre sous d'autres noms et vivifier des institutions catholiques. 11 résolut donc d'infuser une âme cathare au sombre catholicisme espagnol. C'était accomplir dans la charité ce que Dominique avait tenté dans l'apostolat ; mais tandis que le dur