Acta SancL Légende de S. P. Nolasque
ISU
L'INQUISITION A VALBXCE ET AUX BALÉARES. ~ DESCENDANTS DES PAIDITS ÉTABUS £N «SPiLGNE. — lUMON LULLE, LES BONPARD.
Grégoire IX adopta l'ordre de la Merci presque en même temps qu'il institua le tribunal de l'Inquisition, et les attacha Fun et Tautre au roi d'Aragon. Le Conquistador eut toujours à ses côtés un ange et un démon : l'ange c'était Pierre de Nolasco, fondateur de la Rédemption des captifs ; le démoni c'était Ramon de Penafort, inquisiteur de Barcelone, et, plus tard, troisième général de l'ordre dominicain. C'est ce qui explique la désaffection des Albigeois qui ne virent plus, et avec raison, dans le fils du héros-martyr de Muret, que le soldat de Rome, et le glaive de l'Espagne.
Derrière le vaisseau qui le portait aux Baléares, rampait, comme une couleuvre sur la mer, l'inquisition. Derrière le cheval impétueux qui l'emportait vers Valence, se traînait un monstre noir, muet, horrible, l'inquisition. L'inquisition s*établit dans le royaume comme dans les îles maures, de sorte qu'à peine le catharisme vainqueur se reposait de ses combats et de ses blessures au bord des flots, dans ses forêts d'orangers et de grenadiers, dan5 ses bocages de roses et de jasmins, l'horrible tribunal vint l'y relancer, comme un tigre.
su LES ALBIGEOIS ET L'INQUISITION
C'est ce qui explique pourquoi Roger de Carcassoune, Olivier de Termes, les seigneurs de Saissac, de Cab-Aret, deMinerbe, conquérants de l'Archipel, ne conservèrent aucune part des îles musulmanes, et pourquoi, renonçant à leurs palais arabes et à leurs vassaux barbaresques, ces grands proscrits revinrent errer dans les forêts et les neiges des Pyrénées, où du moins ils respiraient les parfums de la terre natale, plus doux à leur cœur blessé que les senteurs des bocages baléares. L'inquisition tendit constamment à catholiser les Maures conquis et i les conquérants cathares : pendant cinq cents ans, elle a brûlé des musulmans, brûlé des juifs, brûlé des chrétiens; et quand notre siècle indigné démolit enfin les palais de l'homicide tribunal, quand la révolution espagnole enfonça leurs portes inexorables, et se rua en tumulte dans l'ombre de leurs cavernes, qu'aperçut-elle sous ces voûtes moites de sang et de pleurs? On découvrit, comme une décoration funèbre, les portraits des victimes, et audessus de ces mornes figures, comme un échantillon de supplice et de cadavre, deux ossements calcinés en croix ». Voilà quel culte de Moloch on substituait à la douce et tendre religion du
Paraclet.
Plusieurs des conquérants albigeois pourtant se sont perpétués dans les fiefs que leur distribua le roi d'Aragon. Ils sont la souche de quelques vieilles familles espagnoles ; leur origine est encore reconnaissable à leurs noms occitaniens. Les Muntaner qui ont produit un historien de Catalogne,