Ramondi LuUi Opéra. Lih. QuodlibeUd, et Disputa^ iûmwn
fonce enfin et traverse de part en part l'immense et mystérieux monde indien et oriental. Or , Lulle et Nolasco, nous le répétons, ne peuvent pas plus sortir de la Rome théocratique, de l'Espagne sanguinaire, et de la croisade exterminatrice, qu'une couple de colombes du nid d'un milan. Mais c'est la colombe blessée du Paraclet, qui, fugitive des tours de Toulouse et de Garcassonne, a égaré ses œufs sur les récifs de Catalogne et les écueils des Baléares *.
Enfin parmi les faidits conquérants de l'archipel maure se trouvait un chevalier de la maison albigeoise des Bonpard. Cette maison était du Lauragais,etPardo, l'aîné de sesfils, avait été châtelain de Fanjaus pour le comte de Toulouse; Pardo eut l'honneur d'être délégué par ce prince pour recevoir, sur la montagne, l'hommage des faidits de Montségur et d'assister au synode du Thabor. Un autre de ses enfants, du nombre des exilés, transporta sa race â Barcelone, et de là à Mayorque. Son nom de Bon-Pard s'explique par son écusson , eff'ectivement composé d'un .lion-pard , nageant dans le sang, et d'un aigle noir, émergeant d'un ciel d'étoiles. C'est le lion ibère, signe primitif de la race auquel s'est ajouté l'aigle johannite en deuil, signe de la foi proscrite : tout un symbolisme éthéré et oriental. La syllabe Bon est encore un indice cathare, et les Bonpard sont l'antithèse héraldique des Mauléon. Hugo de Bonpart, chevalier malhorquin, descendant de ce faidit