M. Saint-Marc Girardin, ét^uk mrR. Lulle
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albigeois, passa dans Tîle de Corse, en qualité de régent pour le roi Martin d'Aragon, et y fonda, dit-on, la maison italienne des Buonaparte. Ainsi Napoléon serait comme un dernier éclair, une fulguration lointaine et vengeresse de l'ouragan cathare, un tonnerre tardif, réparateur et solennel, réservé à notre siècle. Sa destinée a reproduit fatalement ses origines, réalisé tous ses emblèmes prophétiques. 11 s'est appelé le lion du désert, il a fait de l'aigle pyrénéen, de l'aigle johannite, le symbole impérial de la France, il s'est assis au trône des Capétiens ; il a possédé Rome et brisé la vieille théocratie; il a consacré la liberté religieuse, et en a été le promulgateur dans le monde, en termes magnifiques et immortels *.
Voilà Toeuvre des trois grands descendants des faidits cathares, Nolasco , Ramon LuUe et Napoléon Bonaparte. L'histoire accepte ces rêves comme le peintre admet, dans ses tableaux, les nuées qui flottent dans les horizons lointains. Un monument existe encore de l'émigration et de la conquête albigeoise, c'est la langue romane, toujours vivante dans le royaume de Valence et dans les îles. Le mélange du castillan l'a corrompue davantage sur le continent; elle est restée plus pure dans l'archipel. Nous prendrons donc pour type ce roman baléare. Formé dès l'origine par la fiction des divers dialectes parlés par les faidits, il a dd cependant garder le cachet d'un dialecte dominant, celui du plus grand nombre. Et si maintenant, nous cher-