‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 42 sur 922 · G. de Puil., ch. xxv. — Gallia dir., t. I, p. 383. I · texte numérisé non relu

G. de Puil., ch. xxv. — Gallia dir., t. I, p. 383. I

m LKS ALBIGEOIS ET L'INQUISITION

de Simon de Montfort, patronna Amauri, et voulut sauver Ramon. Il fut regretté du comte, sa victime, et de la Septimanie, sa proie. Mais ces regrets qui n'absolvent pas Arnauld-Amalric, accusent seulement Pierre-Amiel, son successeur, et les chefs futurs de la croisade royale, et de l'extermination théocratique.

A ce concile imposantse rendirent quatorze archevêques, cent treize évêques, cent cinquante abbés, tout le clergé du Nord et du Midi des Gaules. (29 uov. 1225.) L'archevêque de Bourges, chef de l'ambassade qui revenait de Rome et légat gallican de la conquête capétienne, présidait comme primat et patriarche, l'assemblée vérifia d'abord les pouvoirs du cardinal-diacre Romain de Saint- Ange, représentant du saint-siége, et de suite évoqua la question albigeoise et le différend du comte de Toulouse et du comte de Montfort \ Ramon VII comparut le premier : il demanda, avec humilité, d'être réconcilié avec l'Eglise romaine ; il offrit de se justifier contre ses accusateurs, de pourchasser les hérétiques convaincus, de restituer les revenus ecclésiastiques, de réparer les dommages causés aux églises et aux abbayes ; en un mot, d'extirper l'hérésie cathare. Promesses vagues, impossibles, insensées, les mêmes qu'il avait faites au synode de Montpellier. Amauri de Montfort comparut à son tour : il réclamait le comté de Toulouse. Son père Simon l'avait conquis. Sa conquête avait été confirmée par Philippe-Auguste et par Innocent III. Il montra les

chartes du monarque et du pontife. Et il ajouta que Ramon VI avait été déshérité pour cause d'hérésie par le concile de Latran. — Ramon répondit qu'il était l'héritier naturel, et qu'il était prêt à rendre hommage au pape et au roi. — Voulez -vous, s'écria vivement Amauri, vous en remettre au jugement des douze pairs de France? —C'était encore un piège, une fiction. Amauri invoquait tantôt le droit théocratique, tantôt le droit carlovingien. Ramon était Goth d'origine et non pas Franc. • Ses ancêtres n'avaient pas concouru à l'élection de Hugues Gapet. Il n'était donc pas pair de France. — J'accepte ce jugement, répliqua Ramon; mais, avant tout, que le roi reçoive mon hommage ; car ils ne voudraient peut-être pas me reconnaître pour pair. — Ses juges, effectivement, étaient ses ennemis, ses spoliateurs, les chefs de la croisade. Amauri s'emporta, et les deux comtes allaient tirer leurs épées. Le légat s'interposa, et déroba le débat. Il prétendit que Ramon n'avait pas imploré, en termes convenables, le pardon de l'Église romaine. En conséquence, il ordonna aux archevêques de se réunir isolément, chacun avec le groupe de ses suffragants, de délibérer sur la question albigeoise, et de lui donner en secret leur avis, pour qu'il pût le transmettre, avec le même mystère, au pape et au roi. Les prélats répondirent que Ramon ne devait pas être relevé de Tanathème, et que le roi serait chargé de la conquête de Toulouse dévolue à la maison de France *.

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