LIVRE NEUVIÈME
des premières victimes de l'inquisition dominicaine (1234). Sept ans plus tard, son neveu vengea sa mort dans le sang du frère Arnauld, et jeta la bourse sanglante du moine à son écuyer Pierre Landric. Et maintenant Pierre Landric et Pierre de Léran, l'écuyer et le médecin, réunis à Montségur, relevaient le jeune Guilhem de l'Ile, blessé à mort en combattant contre la tour roulante. Ils le transportèrent dans le château, et de là sur la montagne, dans la maison du patriarche Bertran d'EnMarti. Les défenseurs de Montségur échouèrent contre l'horrible Gossa (chienne). Poussé par l'armée catholique, l'énorme engin, semblable à une tortue monstrueuse, s'avançait en mugissant et s'établit solidement sur la crête du rocher en face de la barbacane de l'ouest. La tour catholique de bois assaillit vaillamment la barbacane cathare de pierre, et Montségur avec ses balistes dégingandées aux gesticulations furieuses, convulsives, effrayantes, avec ses gaffes dont les becs et les serres s'attaquaient, comme des oiseaux de proie, dans le tourbillon sifflant de flammes, de flèches, de rochers qui s'entrechoquaient dans l'air, offrait l'image fantastique d'une guerre de ces géants qui l'avaient construit et qui maintenant le bouleversaient sur son sommet foudroyé.
Dès que Guilhem fut déposé sous le toit de l'évêque , accoururent Francesca, sa vieille mère, et sa jeune sœur India*. Les dames de Montségur, Gorba de Pérelle, Philippa de Mirepois, et Alpais