‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 509 sur 922 · Dép. d'Aladaïs de Massabrac · texte numérisé non relu

Dép. d'Aladaïs de Massabrac

de Rabat, et leur sœur la diaconesse Esclarmonde de Pérelle, Aladaïs de Massabrac, sa fille Fais de Plagna, sa belle-sœur Cécilia, épouse d*Arnauld-Roger, et leur fille Braïda, se pressaient autour du chevalier expirant. Le patriarche faisait entendre les paroles dévie. Aux prières des assistants se mêlait le bruit de plus en plus croissant de la bataille. Dans ce moment même, les deux camps tentaient un suprême effort : les catholiques pour rester maîtres du redan conquis ; les albigeois pour en précipiter la gigantesque tour. Après avoir donné au guerrier mourant leur oraison, ces nobles femmes résolurent d'aller se joindre aux combattants. Elles supplièrent Tévêque de leur accorder la même faveur qu'à leurs époux, de recevoir , dans le cas où elles seraient blessées dans le combat, et privées de la voix dans l'agonie, le sacrement consolateur. Le patriarche le promit, et fortes de cet espoir, ces pieuses et généreuses femmes volèrent à la défense de la forteresse*. Toute la montagne combattait: Les machines sur la plate-forme, les chevaliers aux créneaux, les archers aux meurtrières, les servants aux poternes. Les femmes erraient de groupe en groupe, exhortant les guerriers, relevant les blessés, roulant des projectiles, et du haut des murailles, lançant, échevelées, l'huile, la flamme ardente et les menaces prophétiques. Et cependant, du haut des rochers, des vieillards avec les enfants éplorés priaient à genoux et suivaient, d'un regard effaré, le tumulte orageux de la bataille.

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