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Art. Avignonet

LIVHE DIXIÈME 37

mer au Mas les restes de cette grande maison chevaleresque si cruellement ravagée. Elle interrogea d'abord Pélegrina et Guilhelmeta de Saint Andréo; Guilhehneta, la mère des Quiders; Pélegrina, la bru fidèle, la tendre Ruth de Braïda du Peyrat, cette Noémi infortunée brûlée à Montségur. L'une et l'autre avaient connu les deux patriarches albigeois Guilhabert de Castres et Bertran d'En-Marti. Puis vient Na Dias, fille de Ugo de Laura, de Cabaret, épouse de Bernard de Quiders. Puis Fauressa, femme de Guilhem du Mas, et mère de Guilhelmet et de Jordanet, les jeunes héros et martyrs de Montségur. Elle a reçu bien des fois les Amis de Dieu et même, étant malade, elle fut hérétiquce, ayant perdu la parole, dans sa maison du Pal de Sama, près de Laurac. — Palaisi du Mas, fils de Bernard et de Saurimonde, a servi, avec ses oncles et ses cousins, dans l'armée de Pierre-Roger de Mirepois, aux environs de Montségur. Un jour il entra dans la forteresse qu'il était curieux de visiter, et vit, devant un rocher, plusieurs vieillards assis au soleil. C'étaient, lui dit-on, des hérétiques, mais il ne leur parla pas.

Jordan du Mas *, chevalier, est bien plus ferme et plus explicite. Il a fréquenté les Amis du Dieu; il les adora et entendit leurs sermons ; il vit l évt'que Bertran d'En-Marti au Mas et à Montségur. Il

1. Il y eut trois Jordan du Mas : !<> Jordan le vieux (Jordauus senex), frère de Gui, un vieillard octogen.iire, tué devant Montségur; 2o Jordan, liLs de Gui, sorti vivant de Montségur et traduit ici devant l'inquisition; 3o enfin Jordanet, le héros et le martyr adolescent du Thubor.

l'escorta souvent à travers les bois, et notamment d'une forAt, voisine de Mirepois, jusqu'à Saint-Julien de Lauragais oii d'autres guides leur furent donnés pendant la nuit par Béatrix, femme de Bernard, seigneur de Saint Julien. 11 compromet son frère Aribert, et sa belle-sœur Flors, femme de Gaillard de Saint- Andréo ^ Aribertdu Mas, chevalier, visiblement troublé par les indiscrétions de son frère Jordan, a moins de solidité. Il avoue cependant qu'il a été plusieurs fois à Montségur. Il y était vers 1215 avec sa mère Garsena, témoignage précieux qui prouve de nouveau que Montségur ne fut point pris par Montfort, et confirme une fois de plus l'assertion du comte de Foix au concile de Lalran. Il a vu aussi au Mas Bertran d'En Marti et Bernard de Maireville dont son frère Bernard était l'acolyte. En somme Aribert n'a point adoré ni vu adorer les hérétiques. Il ne les a point entendus parler de la matiraiseté des choses visibles, ni de l'hostie consacrée. Mais il a entendu des clercs exprimer les erreurs attribuées aux

cathares.

Pierre Vidal affirme les mêmes choses des erreurs albigeoises entendues dans la bouche des clercs catholiques*. Mais il ajoute à propos des Capde-Porc que , lorsqu'il fut cité à Limous devant le frère Ferrier, inquisiteur de Garcassonne, Bernard, Jordan, Gaillard et Aribert du Mas lui défendirent

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