I II
féodales sont habitées par des paysans, et hantées par des bohèmes. Le roi occupa Beaucaire, et posta dans son donjon, un sénéchal destiné à surveiller, du haut de sa roche, Avignon, Tarascon et Nîmes *. Il s appelait Pèlerin (ou Pellegrain) Latinier, pro-bablement un croisé, un clerc batailleur, sans nom et sans avoir, qui, devenu chef de guerre, se fit un nom de sa prêtrise, et un avoir de la croisade, qui réleva au gouvernement du Delta du Rhône «. De Beaucaire, le roi marcha sur Nîmes (Nemze) qui s'était déjà soumis par l'intermédiaire d'Arnaud, son évêque. Il mit garnison dans le château des Arènes, donjon vicomtal formé d'un cirque romain : la royauté s'installa dans les loges des panthères. Le vicomte dépossédé était un collatéral de la maison de Carcassonne. De Nîmes, le roi descendit à Saint-Gélis, berceau de la dynastie de Toulouse, ville tragique, où naquit la croisade du cadavre du légat Pierre de Castelnau ; sur la tombe duquel avait été flagellé le comte Ramon VI, et sur laquelle ne manqua sans doute pas de s'agenouiller le dévot roi de France. L'abbé de Saint-Gélis, accouru à Paris ainsi que devant Avignon, pour lui porter la soumission des seigneurs de la Plage et des Gévennes, fut récompensé de son zèle monarchique. De là, longeant les étangs d'Aiguemortes, il se dirigea sur Maguelonne, langue de sables arides bordée°de marais insalubres, siège d'un évêque, et, depuis la