LIVRE ONZIEME
n'eut plus ni sanctuaire, ni siège central, dans le Midi. Les évêques n'émigrèrent pas; ils ne se dérobèrent pas au martyre; et les derniers survivants expiraient alors môme dans les cavernes de la Montagne-Noire. Mais le collège directeur résidait en Lombardie, et c'est là que se releva dans l'exil le siège épiscopal de Toulouse. Bertrand d'En-Marti eut pour successeur Vivian, qui demeurait à Plaisance, auquel succéda Bernard OU va, évêque de Toulouse, qui s'établit à Sermione. Parmi ces chefs des églises exilés on trouve encore, trente ans après, deux membres de la maison de Lantar, Guilhem à Plaisance, et Guirauld à la Guardia, dans la Pouille. C'est donc d'Italie que partait alors le mouvement cathare et que sortaient les ministres qui parcouraient les forets de l'Albigeois et des Pyrénées. Il paraît que ces diacres venaient prier furtivement et pleurer sur les ruines de Montségur, et qu'ils assemblaient encore clandestinement leurs troupeaux sur la montagne sainte abandonnée aux bêtes sauvages. Le capitaine qui gardait le château, au nom des sires de Lévis, ne put jamais écarter de ces bois ces tristes pèlerins ; plusieurs y furent surpris, et de ce nombre une diaconesse nommée Aladaïs Fabre, de Présencs, femme de Guilhem Raseyre, chevalier faidit. Ses ancêtres paternels et maternels étaient Johannites. Aladaïs fut brûlée, avec ses compagnons infortunés, à Bram, près de Garcassonne (1270) *.