De peric. noviss. temp., p
LIVUE DOUZIÈME 137
mites ; Jean de Parme resta trente-deux ans dans son couvent grec. 11 n'en sortit que pour passer en Grèce, origine du Joachimisme. Le vieillard mourut en chemin à Gamerino (1289). Il était vénéré comme un saint dès son vivant, et, longtemps après sa mort, des miracles se firent sur sa tombe.
Le Joachimisme italien jeta des rameaux en Provence. Jean de Parme y eut un disciple célèbre : c'est Ugo de Sabran, ce cordelier d'Hyères, qui ne voulut pas se charger de la conscience de saint Louis. Laissant le roi, il se rendit à Marseille. Avignon, Arles, Montpellier, cherchaient à s'ériger en républiques indépendantes. Les frères mineurs aimaient beaucoup les petits, les pauvres, la foule. Nul doute que ce cordelier, si fier envers le monarque, ne se rendit auprès du peuple et ne fût le pieux tribun de ce mouvement républicain. Joinville nous apprend qu'il mourut à Marseille : ce gentilhomme était un saint populaire, et sa tombe opérait des miracles. Il vivait pourtant dans les bois et laissa la secte des Boscairols, ainsi nommés de leurs hermitages dans les forêts *.
Le Joachimisme apparaît aussi dans Narbonne. Son chef fut Pierre- Jean d'Olive, évidemment disciple d'Ugo d'Hyères. Il naquit à Sérignan près de Béziers, il prononça ses vœux en 1259 au couvent des Frères-Mineurs de Narbonne. Il était de race albigeoise, et de cette tribu romane des Cliva d'où sont sortis Pons Cliva, diacre; Bernard Cliva, évêque; Pierre Nolasco et RamonLuUe, chevaliers