‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 670 sur 922 · LIVRE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DOUZIÈME

chef, gardien et capitaine. Mais Dieu a voulu nous ravir notre seigneur. 11 n'a pas laissé son pareil parmi nous depuis le roi de France jusqu'au roi de Portugal I — Mort cruelle, tu fais pleurer douloureusement ducs et empereurs, chevaliers et servants, et les dames dont le règne est amoindri. Tu nous enlèves le meilleur des meilleurs. Mon désespoir est tel que , peu s'en faut , je ne succombe. Ainsi doivent être tous les Provençaux I — Et qui fera désormais tant de jeux et de fêtes d'amour ? Et qui fera tant de charité aux pauvres honteux? Il n'était pas avare de ses richesses. Il était le meilleur des pères et des maîtres. Aussi avait- il pouvoir sur tous. Faut-il qu'il soit mort, hélas ! Et qui peut ne pas pleurer des larmes du cœur? Car sa mort est pour tous un désastre ! Désormais nous aurons le.^ ennuis. Nous serons dolents avec grandes frayeurs. Je ne verrai pas les fleurs des fruits tant espérés. Il était le plus aimant ; et avec quelles douceurs ! et avec quelles louanges I II était le plus humble aussi et le plus prompt à faire plaisir. De mille ans on ne verra un homme qui de mère naquit plus doux, plus loyal, plus magnanime que le vicomte don Amalric. — Puisque Dieu ne veut pas nous le rendre, il doit pourtant nous accorder une grâce ; prions-le tous ensemble qu'il l'admette dans le royaume céleste*.» — « ODieu, de qui dépend le salut des âmes, je vous prie de lui pardonner par merci ! Daignez, ô Seigneur, recevoir dans votre paradis, parmi les saints et auprès de vous, monseigneur

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