LIVRE EOUZIÈME
véque de Sens, les évêques dé Paris, de Troyes, de Beauvais, de Noyon, de Châlons, de Goutances, d'Avranches, en appareil religieux et guerrier. Le duc de Bretagne y vint avec soixante chevaliers dont seize bannerets; le comte de Flandre avec quarante chevaliers et treize bannerets; le comte de Boulogne avec trente-trois chevaliers et soixantedix écuyers. C'était comme une dernière croisade que le monarque irrité entraînait sur le Midi. Le maréchal Ferry de Verneuil, à la tête de toute la chevalerie de France, se mit en route à travers les vastes forets du Limousin.
Le roi Philippe , avec sa puissante escorte de Poitevins, continua sa marche vers Bordeaux d'où il remonta lentement la vallée de la Garonne. Cependant le comte d'Armagnac voyait avec effroi s'avancer l'orage : il se rendit à la rencontre du monarque, fléchit le genou, et demanda grâce*. Le roi, désireux d'apaiser l'insurrection par la clémence, le condamna seulement à une amende de cent cinquante livres tournois. Mais le fier comte de Foix s'indigna de cette soumission; il rentra dans ses montagnes, fortifia ses châteaux, et s'enferma dans son donjon aérien. Eustache de Beaumarchais, sénéchal de Toulouse, s'empressa d'attaquer le comte révolté. Roger-Bernard s'élança de son rocher^ comme un faucon, fondit sur l'ost du sénéchal qu'il mit en fuite, et rentra dans son aire avec unbutind'armes,dechevauxetdebagages. Eustache deBeaumarchais,pourmarcherdenouveaucontrele