‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 696 sur 922 · LIVRE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DOUZIÈME

Cependant le roi de France avait envahi la Catalogne par le col de Panissars : il prit Figuières et assiégea Gironne. L'infant Alonzo d'Aragon surprit le camp français, lui tua six cents hommes, et le reste ne fut* sauvé que par la valeur des comtes de Foix, Roger de Commengcs et Jourdain de Lille. Douze galères d'Aragon battirent devant Rosas vingt-cinq galères françaises, et enlevèrent l'amiral Guilhem de Lodève. Le siège de Gironne durait depuis deux mois sans succès. La canicule engendra des mouches venimeuses qui tuèrent les chevaux. Une épidémie ravagea l'ost de France. Philippe désespérait de prendre Gironne. Ramon Foie, vicomte de Cardonna, la défendait héroïquement. Mais il n'avait plus de vivres, et l'éloquence du comte de Foix son cousin lui persuada de rendre la place au roi de France.. Philippe y entra, mais, déjà malade et à la tête de son camp décimé par le fléau, il dut regagner le Roussillon. Porté en litière, il ne put qu'à grand peine, à travers les montagnards soulevés, atteindre les Pyrénées. En arrivant à Perpignan il expira (25 octob. 1285)*. Philippe son fils, le roi de Majorque, la chevalerie de France mourante accompagnèrent la dépouille royale à Narbonne. On ensevelit ses chairs, détachées de ses os, dans l'église de Saint- Juste. On lui éleva un superbe mausolée. Le monarque est étendu sur son socle de marbre, le front vîeint de la couronne. Sa main tient le sceptre surmonté d'une fleur de lis. Symbole de la puissance

Page 1