‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 70 sur 922 · Hist. du Lang., t. V, pr · texte numérisé non relu

Hist. du Lang., t. V, pr

aquitain. Il se dirige vers Rodez, sans inquiéter les garnisons romanes campées dans les fortes roches de Penne, de Cordoue et de Peyrusse, sur les deux rives de l'Aveyron. Il se borne à ressaisir les États du vicomte de Carcassonne et la terre du maréchal arrachée au vicomte de Foix. Son avantgarde s'était avancée jusqu'à Bazièges, mais il n'avait pas attaqué Toulouse où Ramon VII et Roger-Bernard reforment, dans ce temps-là même, une nouvelle ligue nationale. Il remit à l'année suivante de soumettre la grande cité méridionale. Il laisse à Carcassonne Humbert de Beaujeu, avec un corps de croisés, pour garder les tronçons de cette conquête inachevée et pour contenir les peuples déjà frémissants, et il se hâte de regagner la France \ Au siège d'Avignon près, son expédition n'a été qu'une promenade de monarque féodal, une chevauchée triomphale, préparée par les évêques. Toutefois, il a fait plus en une course victorieuse que quinze ans de croisade. Il a presque réalisé le rêve de Philippe- Auguste. La France touche aux Pyrénées.

Mais pourquoi se retire-t-il si précipitamment? La conquête n'est qu'ébauchée, et sa retraite a l'air d'une débâcle. Trois ennemis menacent son retour : devant lui, l'hiver; derrière lui, une insurrection qui va le harceler de ses lances ; avec lui une épidémie qui suit l'ost depuis le Rhône et le transperce de ses aiguillons. Cette armée malade s'avance à travers des peuples hostiles et effrayés, vivant de

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