‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 71 sur 922 · G. de Pull. - Gesta Lud., VIIL · texte numérisé non relu

G. de Pull. - Gesta Lud., VIIL

déprédations, ravageant les vignobles, et les fruits verts joignent leur vengeance aux pluies d'automne Le roi s'éloigne effaré, à travers le montacrneux Rouergue, par la strade antique et fatale où roulait naguère le char funèbre de Simon de Montfort Ce peuple est épuisé de sang et défailli de cœur; mais le ciel et la terre semblent lui venir en aide, dans sa guerre sainte. La terre si saine infeste ses eaux le ciel SI pur empoisonne ses rayons, et les croisés échappés aux traits de l'homme expirent sous les flèches irrésistibles du soleil. L'ost sème sa route de débris : les chefs aussi sont frappés : l'archevêque de Reims, le comte de Namur, Bourchard de Marly, succombent. Le roi lui-même, atteint par 1 invisible et funèbre archer, languit dans sod armure fleurdelisée, et tombe de son palefroi de bataille. Il meurt à l'âge de trente-six ans. à Montpensier en Auvergne, réalisant les prévisions paternelles et les prédictions populaires. L'armée en deuil ne ramena dans Paris que son cadavre enveloppé dans une peau de bœuf. C'est ainsi que revenaient en

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^ Ah I pourquoi ce peuple, naguère victorieux, s est-Il ainsi montré défaillant et abattu? Pourquoi Nîmes Narbonne. Carcassonne, n'ont-elles pas smvi 1 héroïque exemple d'Avignon? Il est maintenant manifeste que la grande vallée qui se creuse entre la Montagne-Noire et les Corbières eût été le tombeau du lion de France.

dan,*îl*^' ''""^ "^ '*" ^^ ""•■• 1"'«" ^'^. » fut retrouvé dans les caveaux de Saint-Denis.

A?RÈS LA MORT DO ROI, LE CARDINAL RAMÈNE l'aRMÉE EN FRANCE. — BLANCHE DE CASTILLB CONTINUE LA GUERRE CONTRE LE MIDI. — LES PRINCES ROMANS SB LIGUENT DANS TOULOUSE. — LES CHETALIERS, LES BOURGEOIS ET LE PEUPLE SB SOULÈVENT CONTRE LES FRANÇAIS. — VICISSITUDES DE CETTE DERNIÈRE LOTTE MBÉRATRICE.

Cependant les comtes de Toulouse et de Foix et leur jeune cousin le vicomte de Carcassonne s'étaient jetés dans Toulouse pour la défendre contre le roi de France. Pendant que Louis VIII, dans le Castollar de Pamiers, organisait sa conquête du Midi, les trois princes, les chevaliers et les consuls, réunis dans le Capitole de Toulouse, se liguaient de nouveau pour arracher leur patrie au monarque capétien. Cette ligue patriotique, au milieu de Tabbattement et de l'effarement universels, n'est pas sans grandeur, et rappelle l'héroïque conjuration des princes exilés, sur une cime de Catalogne, d'où partit la délivrance romane. Ramon VII et Roger- Bernard s'unissent par un traité particulier, Trencabel n'étant pas majeur, et les largesses du comte de Toulouse montrent combien il tenait à s'attacher le héros pyrénéen '. Les deux princes jurent d'oublier tous leurs griefs futurs, et de ne conclure ni paix ni trêve avec le roi de France et ses alliés, sans leur consentement mutuel. Ramon cède à

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