‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 700 sur 922 · LIVRE TREIZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TREIZIÈME

monarque de vingt ans conçut deux hardis projets : écraser les derniers tronçons encore palpitants de la nationalité romane et culbuter de son trône de nuées sanglantes la théocratie romaine.

La nationalité romane agonisait convulsivement : vingt ans de guerre, soixante d'inquisition, cent de conquête l'avaient irréparablement détruite. Trop rompue pour revivre elle ne pouvait que s'incorporer à la France. Philippe le Bel lui-même, eût-il voulu la ressusciter, ne l'aurait pu. L'habile roi n'eût pas mieux demandé que de s'en servir contre la papauté. Il lui concéda quelques apparences de garanties et de libertés ; il établit un parlement à Toulouse ; mais ce parlement, nommé par le roi, recevait directement ses ordres de Paris. C'était assurément, dans la pensée de Philippe, une sauvegarde pour les peuples contre les inquisiteurs et contre les inquisiteurs et les peuples pour la monarchie. Ce monarque inquisiteur prit parti contre l'inquisition. Les populations frémissaient encore : on chantait encore la diatribe vengeresse de Figueyras, Roma tricharitz^; on huait les partisans de Rome, et on les appelait, à cause de leurs hypocrites servilités : Mascaradas t Le roi de France avait reconstruit et repeuplé Béziers : les consuls ne cessaient, malgré les défenses, de soumettre les couvents et les églises à la taille. Les bourgeois se moquaient de l'interdit et de l'excommunication. Ils se faisaient relever des censures ecclésiastiques par des juges séculiers. Ils parlaient hardiment du -

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