Doat XXV : Dép. de Bernard de Baragnon
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pape et du siège de Rome. Là-dessus, Boniface VllI ordonna à l'inquisiteur de Garcassonne de procéder contre les incorrigibles habitants de Béziers (1 3 oct. 1297). Près d'un siècle après le massacre, ces citoyens avaient respiré, dans les décombres de leur cité tragique, et sur les ossements d'un peuple infortuné, Tàme énergique des ancêtres et la haine de leurs bourreaux.
Mais le frère Nicolas d'Abbeville, inquisiteur de la Foi, était en même temps aux prises avec les habitants non moins indociles de Garcassonne. Il les punissait, tantôt comme hérétiques coupables envers l'Église, tantôt comme rebelles coupables envers le roi : c'était parce qu'ils poursuivaient de leurs huées les serviles et les hypocrites qu'ils flétrissaient du nom de masques. Les peuples relevaient la tête; ils connaissaient les secrets sentiments du roi. Les habitants de Garcassonne eu appelèrent au monarque. L'inquisiteur furieux fit jeter dans les cachots les énergiques appelants, et le courageux tabellion, rédacteur de l'acte d'appel *. Philippe, irrité qu'on attentat à son autorité royale, éclata. Il défendit au sénéchal de Garcassonne d'emprisonner les citoyens, à la requête des inquisiteurs, à moins qu'ils ne fussent hérétiques déclarés (1291). Le roi promit d'envoyer des commissaires, et cinq ans après, Robert, comte d'Artois, vint à Garcassonne. Ge prince venait de combattre les Anglais en Gascogne, avec le secours des comtes du Midi. Gaston, infant de Foix et de Béarn, était