‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 702 sur 922 · LIVRE TREIZIEME · texte numérisé non relu

LIVRE TREIZIEME

son gendre, et le comte de Foix était son compagnon de guerre et de victoire. Il instruisit sans doute le prince capétien du désespoir où l'inquisition réduisait les méridionaux. Le prince ordonna au sénéchal de surseoir aux emprisonnements, et les consuls furent cités devant le parlement de Paris. La sentence du roi n'est pas connue ; elle dut être favorable aux opprimés; mais le moine audacieux n'en tint aucun compte, et ne cessa de fulminer ses anathèmes* (28 juin 1296). Les consuls prirent parti pour les excommuniés ; l'inquisiteur anathématisa les consuls ; le peuple chassa l'inquisiteur. La ville frémissante en appelle encore au roi. Mais l'inquisiteur était un officier royal aussi bien que sacerdotal; le monarque naturellement prit sous sa protection le sanglant émissaire de la monarchie. Les hérétiques étaient des citoyens. Aux yeux de Rome le patriotisme est une hérésie ; la nationalité romane en était également une aux yeux du roi. Philippe ordonna que la bulle du pape Boniface VIII, qui prescrivait aux inquisiteurs la recherche la plus rigoureuse des hérétiques et aux princes le concours le plus actif à seconder les inquisiteurs, fût strictement exécutée dans tout le royaume. Le frère Nicolas, sous la garde du sénéchal, rentra dans Garcassonne indignée. Mais le roi disposa tout pour la pacification de la cité. Les consuls demandèrent sa réconciliation avec l'Église romaine. L'inquisiteur convoqua une assemblée solennelle à Garcassonne (27 avril 1299).

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