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IdS LES ALBIGEOIS ET L'INQUISITION
Les évêques s'y rendirent ainsi que les chefs des monastères et les descendants des conquérants. Lambert de Turey, seigneur de Saissac, lieutenant du sénéchal, supplia l'inquisiteur de traiter les coupables avec bénignité. Nicolas répondit qu'il distinguerait les hérétiques des citoyens et qu'il n'imposerait de pénitences qu'aux réfractaires. Les consuls et les citoyens compromis s'indignent, ils s'assemblent dans le couvent des franciscains, et probablement aux suggestions d'un moine éloquent appelé Bernard Délicios , et d'un citoyen énergique nommé Élio Patris, repoussent la grâce de l'inquisiteur. L'évêque de Béziers s'interpose : la cité résiste; après six mois de négociation, elle se résigne enfin, de guerre lasse, et courbe la tête en frémissant. Quatre consuls et huit citoyens, avocats, notaires ou marchands, furent frappés. On éloigna probablement ces chefs dangereux et leur bannissement temporaire fut déguisé, selon l'habitude, en pèlerinages lointains. Après cela, l'inquisiteur réconcilia Carcassonne, mais la cité rebelle n'obtint son absolution que sous l'engagement d'ériger au couvent des dominicains, une chapelle en l'honneur de saint Louis i. Rome avait canonisé ce monarque, cet Eliacin de l'inquisition, ce disciple de Thomas d'Aquin. En introduisant son culte dans Carcassonne, on glorifiait la conquête, l'autorité royale et la dynastie capétienne. C'était flatter le roi de Paris, et pervertir les peuples du Midi ; l'idolâtrie est un culte du ser-