‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 704 sur 922 · LIVRE TREIZIEME · texte numérisé non relu

LIVRE TREIZIEME

vage : par l'adoration d'un saint et d'un roi, on les dressait à l'adoration des rois de France et des papes de Rome.

Il est à remarquer que les habitants de Carcassonne ne se soumirent qu'après la mort de Roger- Bernard, comte de Foix. L'insoumission des bourgeois correspond à l'insoumission du comte, leur chef national, depuis la disparition de la maison de Tçencabel ; car Foix était un rameau de Carcassonne. Roger-Bernard prétendait être indépendant des officiers du roi. Les sénéchaux marchèrent contre lui; il y eut quelques combats. Enfin le comte se soumit, remit deux châteaux au sénéchal, et son jeune fils Gaston entre les mains du roi. Philippe le rendit à sa mère, Marguerite de Montcada, plus dévouée, à ce qu'il paraît, que son époux, à la France. Il attacha le jeune infant à la dynastie royale en le fiançant à Jehanna, fille de Robert d'Artois. Ainsi une petite-fille de saint Louis vint habiter les tours de Foix et de Pau, et la maison de France jetait une nouvelle racine dans les Pyrénées. D'un autre côté, Roger-Bernard accorda sa fille, dona Constança, à Jehan de Lévis, maréchal de l'Albigeois. Le troubadour Amanieu des Escas appelle cette infante la beauté la plus parfaite du Midi ^ Elle était filleule de la reine de Sicile et d'Aragon. Elle avait dû môme épouser l'infant d'Aragon, puis celui de Castille. Le vent orageux du siècle lui enleva ces deux couronnes d'Espagne. L'infante, qui eût décoré un trône,

Page 1