Millot, - Dom Vaisselle, VI, p. 197 et
victime infortunée de la politique, devient la femme du premier soldat de l'inquisition, du bourreau de sa patrie. Mais Dieu qui tire le bien du mal comme l'aurore de la nuit devait, dans le lointain des temps, faire sortir du sang de Constance des vengeurs de leur mère et de leur pays, des chevaliers de la Bible et de la liberté, les barons de Léran et d'Audou.
Malgré ce double gage donné à la maison de France et à celle du maréchal de la Foi romaine, l'inquisition ne laissa pas Roger-Bernard en repos, non plus que ses ancêtres. Pierre de Villalonga, moine de Bolbona, accusa ce comte et la mémoire de son père Roger. Roger qui avait magnifiquement doté cette abbaye d'une si copieuse pitance de bled pur et de vin exquis fut sur le point d'être expulsé honteusement de la splendidft nécropole où ce pieux prince avait recueilli les cendres proscrites et dispersées de ses aïeux. Mais l'opinion, muette un siècle auparavant, se révoltant de la profanation des tombes comtales, épargna cette ingratitude monstrueuse aux moines gardiens de leurs cendres héroïques. Bile rentrait dans le christianisme et l'humanité. Le frère Bertrand de Clermont, inquisiteur de Toulouse, recula devant ce scandale. « Nous déclarons, dit-il, à jamais absous de toute accusation d'hérésie, le comte Roger, son fils, ses enfants, et leur postérité, de sorte que nul ne puisse plus à l'avenir attaquer leurs personnes, leurs biens et leurs renommées *. » Dans cette abso-