Ch. de Foix
Itl
dan de Tlle, avec quarante hommes d'armes et deux cents sergents ; Ramon Hunauld de Lantar, avec Yingt-cinq hommes d'armes et cent sergents^ Loup, le bâtard de Foix, seigneur de Rabat, avec dix hommes d'armes, et trois cents sergents, enfants de Sabart. Ce sont les fils des défenseurs de Montségur. Les descendants des Faidits sont encore, on le voit, de grands barons. Philippe le Bel leur a rendu leurs fiefs pyrénéens. En retour, ils servent le roi du Nord. Ils traversent les forêts du Limousin, les plaines de la Beauce et de la Picardie, avec les descendants des croisés, le maréchal de Lévis, les sires de Saissac, de Limons et de Ghalabre. Un siècle auparavant, leurs aïeux s'entre-tuaient sur les champs de bataille du Midi. Eux combattront, en frères d'armes, sous Toriflamme de France. Ils ont maintenant les mêmes mœurs, ils parlent la même langue. Ils partirent arec leurs ménestrels. Les héroïques troubadours ne sont plus : la poésie est morte avec l'indépendance romane; elle a jeté dans les torrents son cor d'ivoire. Mais les barons ont des ménestrels à cheval; ils reçoivent du roi une solde de cinq sous par jour (13 fr. 75 c.) pour jouer de la harpe ou de la cornemuse à la tête des bataillons *.
Ces vaillants sonneurs, qui ne trouvaient pas, firent eatendre les vieux airs des guerres cathares sur le champ de victoire de Mons-en-Puelle. Là, sans doute, pour la dernière fois, résonna la mélodie patriotique si célèbre :
UVRE TREIZIÈME f|5
Coms Ramon, duc de Narbona,
Marquis de Provença, Vostra valor es tan bona
Que toi le mon gensa *.
Cet hymne saint qui n'avait pu sauver la patrie romane fit triompher, contre les libertés flamandes, la grande patrie française. Ce spectacle ne manque pas de grandeur : ce roi capétien à la tête des barons du Nord et du Sud ; ses peuples mêlés à l'ombre de l'oriflamme; la France consommant son unité, par la frontière du Rhin, son bouclier septentrional, qu'elle a perdue depuis, après avoir conquis sa frontière d'Aquitaine qu'elle a gardée toujours, cette magnifique et inexpugnable armure des deux mers, des Alpes et des Pyrénées,
PUUPPE Ll BEL POCISUIT BEANARD AS SilSSET, ÉVÉQCE DE PAUIERS.
Le comte de Foix , dans ses révoltes, avait eu pour compagnon et même pour insti^^ateur, avant de l'avoir pour adversaire , Bernard de Saïsset, évêque dePamiers, qui dut enfin régler ses comptes avec le roi de Franco. Quelles sont les origines de cet évêque? Ramon YII, comte de Toulouse, ne