LIVRE TREIZIÈME
il le fit excommunier par le pape. Le comte et l'évêque transigèrent enfin par la médiation de Gui de Levis, époux de Constance de Foix. Le maréchal adjugea le Castellar, la vieille forteresse nationale, aux comtes ; et la Tour-Neuve, ce château bâti par les croisés, sur le monticule du Calvaire, fut dévolue à l'évêque. Il devait y avoir un châtelain, un viguier et un juge communs. Boniface VIII confirma cet arrangement qui reproduisait à peu de chose près le partage d'avant la croisade. Il leva l'interdit jeté sur les domaines du comte, et Roger- Bernard reçut l'absolution de l'évêque délégué du pape. Ce traité de paix fut conclu en présence des mquisiteurs, des chefs des monastères, des descendants des croisés et des barons pyrénéens ^
Bernard de Saïsset était un esprit turbulent, un caractère sacerdotal, et le digne représentant de Boniface VIII. Il gardait rancune à Philippe de sa partialité prétendue pour le comte de Foix. Il ne larda pas de se venger du monarque. Une confusion de droit féodal et religieux, semblable à celui qui divisait naguère l'évêque de Pamiers et le comte de Foix, mit en querelle l'archevêque de Narbonne et le roi de France. Le vicomte de Narbonne avait rendu directement au roi l'hommage qu'il rendait autrefois à l'archevêque. Le primat propose un expédient, le pape le i repousse, cite à son tribunal le vicomte Amalric, et somme le monarque de contraindre le prince, sous peine