‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 724 sur 922 · Purgatorio. Ganto XX · texte numérisé non relu

Purgatorio. Ganto XX

•1 ■ Il

ni LES ALBIGEOIS ET L'INQUISITION»

injures populaires que les haines romanes vociféraient contre le roi de France. Quant à ces tentatives d'embauchage sur le comte de Foix, pour le ramener du vasselage et de Falliance de la Franco à Talliance et au vasselage de TAragon, ou mieux encore à l'indépendance et à la royauté de l'Aquitaine, ce prince les attesta, par une perfidie féodale qui se vengeait peut-être d'un piège et d'un ennemi sacerdotal. C'était comme une vague mais instinctive ébauche de conjuration, cléricale dans Saïsset, populaire dans Délicios, nationale dans le comte de Foix, mais insensée et répudiée par le trop habile prince pyrénéen *. Car Saïsset évidemment n'était pas seul à regretter les petites dynasties indigènes et la félicité dont jouissaient les peuples romans sous le sceptre paternel des maisons de Foix, de Carcassonne et de Toulouse. Le souvenir chevaleresque et pastoral en est monté jusqu'à nos jours comme un parfum. Mais ce siècle d'or de la poésie romane n'était plus qu'un rêve. Cet âge de liberté, de tolérance, d'égalité, de civilisation platonique était irrévocablement passé. Le Midi, moralement et politiquement bouleversé par la croisade, n'était qu'un désert où sur des amas de ruines plaintives sifflaient par ^moments et grondaient les colères patriotiques. Parmi ces décombres noircis et sanglants, comme une hyène féroce, rugissait l'inquisition, et contre les fureurs du monstre, c'était un bienfait que la protection du sceptre de fer, mais équitable et réparateur des

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