‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 725 sur 922 · LIVRE TREIZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TREIZIÈME

Capétiens*. Philippe le Bel, tout violent qu'il était, valait mieux que le doux et religieux saint Louis. La maison de France était infiniment préférable à la race d'Aragon. Au poétique Alphonse le Chaste, à son fils l'héroïque Pierre II, le martyr de Muret, à son petit-fils, le magnifique Jaïcmé I, le conquistador de Valence et des Baléares, se termine la gloire de la dynastie d'Aragon et de Barcelone. L'inquisition, qui a pris possession de la Péninsule, va élever sur les trônes espagnols une collection de princes fauves, bizarres, idiots, insensés, ténébreux, d'où sortira, par la fusion des divers rameaux, une dynastie, à tout prendre, la plus monstrueuse qui ait épouvanté le monde et scandalisé même l'enfer. Le projet de Saïsset n'était donc qu'un rêve incohérent du prêtre, du tri- " bun, et du baron pyrénéen.

L'évêque de Pamiers après sa condamnation fut remis à la garde de l'archevêque de Narbonne, jusqu'à ce que le jugement fût ratifié par le pape. Philippe écrivit lui-même à Boniface pour que Saïsset, dépouillé de tout privilège sacerdotal, payât ses crimes de sa tête. Le pontife irrité, mais redoutant son âpre adversaire, déguisa son courroux : il passa la question de Pamiers sous silence, et cita l'indocile monarque à son tribunal pour l'affaire de Fénolhédas *. Ce petit canton montagneux, situé vers les sources de l'Aude, avait été conquis et confisqué pendant la croisade. Il faisait partie des nombreux

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