Marténe, pr. : de l'hist. de Boniface VIIL
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m. LES ALmCEOIS ET L'INQUISITION
domaines des puissants seigneurs de Saissac, tuteurs des vicomtes de Garcassonne, et protecteurs des Cathares. Le château de Saissac, berceau de leur race antique, avait été donné par Montfort à Bourchard de Marly, et plus tard par les rois de France à ses neveux, les enfants de Lambert de Croissy, qui renoncèrent à Limoas. Depuis soixante ans, tous les membres de cette grande maison pyrénéenne erraient en faidits dans les forêts, ou exilés sur les confins de Catalogne. Le roi cependant, qui désirait s'attacher les.populations,s*adoucissait envers ces proscrits infortunés. Il y avait à cette époque (1287) à Toulouse une vieille faidite, veuve du chevalier Jordan de Saissac. Les Capitouls en avaient eu pitié, l'avaient recueillie dans leurs murs, lui avaient accordé quelques aliments, et obtenu du roi qu'ils fussent prélevés sur son ancien domaine' de la Montagne-Noire. Mais les descendants de Lambert de Marly, usurpateurs de son manoir, avaient oublié la pauvre veuve qui mourait de faim dans les rues de Toulouse. Les commissaires du roi écrivirent sévèrement au sénéchal de Garcassonne pour que ces aliments fussent rendus à la châtelaine indigente et qu'il contraignît, s'il le fallait, les descendants des croisés, détenteurs du château de Saissac. Telle était la ruine de cette grande maison de la Montagne-Noire qui avait produit les rois de VUautpoMois^ et les vicomtes de Fénouillèdes *.
Cette bénignité du monarque envers cette infor- • — • ■ . '