LIVRE TREIZIÈME
tunée, engagea sans doute l'un de ses neveux, Pierre de Saissac, à revendiquer sa vicomte entrée dans sa maison, depuis cent ans, par Ava de Fénouillèdes. Confisquée par la croisade sur Pierre, fils d'Ava, et donnée à Nuno Sanchez, comte de Roussillon, qui l'avait, léguée en mourant à son cousin, le roi d'Aragon, puis rétrocédée par don Jaïcme le conquistador à Louis IX (1238), cette principauté appartenait à la France. Pierre de Fénouillèdes avait passé sa vie en faidit dans les bois : il suivit le vicomte de Garcassonne en Aragon; plus tard, on le rencontre à Montségur; il mourut enfin chez les Cathares du Roussillon (1244). Frère Pons de Pouget, inquisiteur de Narbonne, fit le procès à sa mémoire et brûler ses ossements. Ugo, fils de Pierre, et après lui la veuve d'Ugo, Béatrix de Ursey, au nom de ses enfants orphelins, réclama de saint Louis la restitution de Fénouillèdes (1264). Le roi rejeta la demande de , la mère des infants de Fénouillèdes, dont les aïeux paternels et maternels, compagnons d'exil du vicomte de Garcassonne et revenus avec le prince, avaient tenté d'enlever cette ville à la France*. Louis, toutefois, se taisant sur cette guerre, ne motiva son refus que sur la sentence de l'inquisiteur, et l'exhumation des cendres de Pierre de Saissac. Ses enfants prétendirent qu'il était mort non-seulement catholique, mais encore religieux et chevalier du Temple, dans la commanderie du Mas-Déou. Mais le roi n'admit pas cet alibi du tom-